Comprendre les résultats des élections européennes du 26 mai en Belgique francophone, en France et au Portugal: Retours sur une recherche par groupes de discussion pendant la campagne électorale

Élections européennes : une participation en hausse, un chamboulement des équilibres partisans et une percée des partis Verts à travers l’Europe. Qu’est-ce qui explique ces nouveautés ? Une nouvelle recherche qualitative du RESTEP vous éclaire.

IJ Spotlight

In partnership with SAGE Publications, one article of key significance from every new issue of International Journal is chosen to be featured in the IJ Spotlight Series. The unabridged version of this article was originally published in Vol. 73 No. 1.

Du jeudi 23 mai au dimanche 26 mai, les 432 millions de citoyennes et citoyens européens en âge de voter ont été appelés à élire le Parlement européen. Pensée aux débuts des années 1970 comme un moyen à la fois de rapprocher les citoyens du système politique européen et de justifier l’accroissement des pouvoirs du parlement européen face au Conseil des ministres, l’élection du parlement semble avoir, sur le long terme, davantage réussi à atteindre ce second objectif que le premier. Depuis la première élection du Parlement européen au suffrage universel direct, les élections européennes sont en effet reconnues, selon les termes employés par H. Schmitt et K. Reif, deux chercheurs allemands comme des « élections nationales de second-ordre ». Autrement dit, ces élections sont le plus souvent considérées par les partis et les électeurs eux-mêmes comme des élections de moindre importance que celles qui se jouent au niveau national, en particulier les élections législatives.

Les élections du mois de mai 2019 n’ont pas dérogées à la règle, avec cependant quelques nuances. Comme le souligne la thèse des élections de second ordre, le taux de participation est resté en deçà de celui des élections nationales de premier ordre, sauf dans les pays comme la Belgique où le vote est obligatoire et où on votait le même jour pour d’autres scrutins nationaux. En France, alors que les 77,8% des électeurs s’étaient déplacés pour voter au 1er tour de l’élection présidentielle de 2017, seuls 50,1% ont voté dimanche 26 mai. De même au Portugal, alors que 55,9% des électeurs avaient voté lors des élections législatives de 2015, ils n’étaient que 31,6% à se rendre aux urnes en 2019. Soulignons que les élections de mai 2019 ont été néanmoins marquées par une remontée importante du taux de participation en moyenne (le taux de participation dans l’UE était de 42,6% aux élections européennes de mai 2014, il a atteint 51% lors de celles de 2019). C‘est notamment le cas dans beaucoup de pays d’Europe continentale, notamment en France, avec une hausse comparable à celle de la moyenne européenne (42,4% de participation aux élections européennes de 2014 et 50,1% à celles de 2019). Le taux de participation a néanmoins baissé dans certains pays d’Europe du Sud, comme la Grèce, Chypre, ou le Portugal (33,7% aux élections européennes de mai 2014, 31,6% à celles de 2019).

Selon le modèle des élections de second ordre, pour les partis, les élections européennes constituent en général un moyen de tester l’état des forces en présence, en particulier lorsqu’elles ont lieu à distance des élections législatives, comme c’était par exemple le cas en 2019 en France. Pour les électeurs, elles permettent un vote d’expression puisque sans conséquence visible sur le choix du gouvernement, ce qui favorise les petits partis et plus généralement les partis dans l’opposition. Ce vote est d’autant plus expressif qu’il se tient à la proportionnelle, non pas uniquement dans les pays où le vote à la proportionnelle est la règle quel que soit le type de scrutin, comme par exemple en Belgique ou au Portugal, mais également dans les pays où, comme en France ou au Royaume-Uni, le scrutin à la proportionnelle est rare voire inexistant en dehors des élections européennes. C’est donc souvent l’occasion de voter ‘avec son cœur’ ou ‘avec ses pieds’.

Pour ces raisons, les élections européennes ont depuis longtemps constitué un lieu d’expression de nombreuses forces politiques (17 listes se sont affrontées en 2019 au Portugal, 34 en France et 41 en Allemagne).  Les élections européennes ont également permis l’émergence d’un certain nombre d’entre elles. Ainsi le Front National en France a fait son premier score important lors des élections européennes de 1984 (11% des voix), et s’est affirmé comme le premier parti français en voix à la fois lors des élections européennes de 2014 (25% des voix) et de celles de 2019 (23% des voix). De même UKIP, le parti indépendantiste Britannique, chantre du Brexit, a franchi pour la première fois la barre des 5% lors des élections européennes de 1999 et atteint son plus fort score lors des européennes de 2014 (27,5%). Le camp eurosceptique regroupé dans le Brexit Party, a, en 2019, enregistré 32% des voix entrainant par là-même l’effondrement du parti conservateur et, dans une moindre mesure, du Labour. Les résultats enregistrés au Royaume-Uni ou en France tendent à illustrer qu’une reconfiguration de certains systèmes partisans pourrait bien être en cours. En effet, le Royaume-Uni et la France se sont longtemps caractérisés par des systèmes à deux partis, avec une évolution plus ou moins récente vers des systèmes à deux partis et demi[1]. En France, la compétition semble désormais se polariser autour du mouvement-parti LREM et du RN tandis qu’au Royaume-Uni le système semble se fragmenter avec des partis moins forts et plus nombreux[2].

Pour autant ce ne sont pas uniquement les partis d’extrême droite qui ont profité des scrutins européens. Les Verts en France ont par exemple fait leur plus gros score lors des européennes de 2009 (16,3%). Les européennes de 2019 leur ont permis de renouer avec un niveau électoral qu’il n’avait plus connu depuis, engrangeant 13,5% dans voix, dans le cadre d’une dispersion des listes à gauche. De même les Ecolos en Belgique ont obtenu de meilleurs résultats qu’aux élections européennes de 2014 sans, pour autant, que ces résultats puissent être qualifiés de victoire[3]. Avec une progression de 2,95%, Ecolo a obtenu 7,31% des votes exprimés et décroché deux sièges, soit un de plus qu’en 2014. Groen (les écologistes flamands) a progressé de 1,13% et conserve son siège avec 7,81%[4]. Ce qui signifie donc que les écologistes francophones et flamands réunis ont enlevés trois de 21 sièges attribués à la Belgique.

Malgré cette grande diversité des listes présentées dans de nombreux pays de l’UE, les élections européennes ne sont cependant pas toujours le moment d’exprimer un vrai choix sur les questions européennes. Il suffit, par exemple, de regarder les débats et les tracts électoraux des différentes listes et partis de l’Hexagone, pour se rendre compte que les débats tournent le plus souvent à l’affrontement sur des thèmes nationaux, et que l’Europe est régulièrement réduite à la portion congrue, quand elle n’est pas simplement ignorée.

Comment comprendre ce peu d’intérêt ? Les Européens et Européennes ont-ils suivi la campagne ? Leur a-t-elle permis de se saisir d’enjeux européens ou plutôt de se positionner sur des enjeux nationaux ? L’abstention prévisible dans un certain nombre de pays doit-elle être considérée comme un signe du peu d’intérêt des citoyens pour les questions européennes ou plutôt de son incapacité à faire sens pour eux, en l’absence d’un projet européen bien défini ? Dans le cadre d’une enquête menée entre le 4 mars et le 22 mai 2019 par les membres du réseau de recherche RESTEP[5], pilotée par Laurie Beaudonnet de l’Université de Montréal, nous avons rencontré différents groupes de citoyens et citoyennes en France, en Belgique et au Portugal. Sans prétendre à la représentativité, les discussions au sein de ces groupes aux profils divers (étudiant.es, jeunes sans diplômes, jeunes diplômés en recherche d’emploi, employée.es des secteurs publics et privés, seniors) offrent cependant un éclairage singulier. Elles permettent de saisir les ressorts du sentiment de compétence ou d’incompétence face à la politique, les façons de raisonner, bref de comprendre ce qui fait ou ne fait pas sens pour les citoyens quand ils parlent de l’intégration européenne et ce qui compte pour eux au moment d’aller voter… ou non.

Des citoyens conscients de la campagne mais ne se sentant pas compétents

Interrogés sur la campagne européenne, l’ensemble des participants, à l’exception des séniors, concèdent une certaine passivité par rapport à l’actualité européenne, et tous expriment un sentiment d’incompétence fort, c’est-à-dire la sensation de ne pas être en mesure de se prononcer sur les enjeux électoraux par manque d’information, par manque de temps, ou par manque d’intérêt. En Belgique, cela peut s’expliquer par la surprenante quiétude de la campagne, non pas seulement européenne, mais plus générale puisque les électeurs belges sont appelés à voter le même jour à la fois pour leurs députés au niveau fédéral et pour leurs conseillers régionaux[6]. En France, un certain nombre d’électeurs, notamment parmi les moins de 35 ans, expliquent leur manque d’intérêt par leur manque de confiance en leurs propres compétences pour évaluer les différentes alternatives politiques au niveau européen. D’autres l’expliquent par les caractéristiques mêmes de la campagne jugée excessivement polarisante et réductrice. Comme l’affirme l’une des participantes : “si on suit les infos, on a l’impression qu’il y a seulement deux partis en France”. Les résultats des élections confirment la polarisation de la campagne et de la vie politique française autour du duel RN/LREM, qui comptent l’un derrière l’autre respectivement 23% et 22% des voix. Ces résultats montrent également l’affaiblissement des partis de gouvernement, LR et le PS ne comptabilisant à eux d’eux que 15% des voix.

De leur côté, les déclarations des citoyens belges soulignent la fragmentation du système partisan et l’impossibilité de se fier aux programmes électoraux. Nombreux sont ceux qui regrettent que les coalitions qui se forment impliquent pour les partis de renoncer à une partie de leur programme. Cela implique que le fait de se renseigner quant aux programmes électoraux est inutile puisqu’ils ne seront pas appliqués. Les participants justifient de la sorte la distance avec laquelle ils ont suivi cette campagne, par ailleurs inhabituelle.

Cette analyse, valable prioritairement pour le niveau national, est également appliquée par les citoyens au niveau européen. Ce qui n’entraine pas pour autant une méfiance vis-à-vis de ce dernier. Sur l’ensemble des groupes, seuls deux participants se sont déclarés favorables à une sortie de l’UE[7]. Cela étant, alors même que l’environnement et le climat ont toujours été mentionnés parmi les problèmes les plus important actuellement, le rôle de l’Union en tant moteur dans la lutte écologique a rarement été mentionné.

Cela fait écho aux seniors portugais qui déplorent le ton national et le manque de contenu de la campagne, les partis préférant axer leurs stratégies sur les questions domestiques et les attaques personnelles. Le caractère de second ordre des élections européennes, que les politologues analysent depuis longtemps, est donc évident pour les électeurs eux-mêmes dans les trois pays, au travers notamment des campagnes menées par les partis politiques.

Une profonde défiance vis-à-vis du politique et des médias

Ce qui ressort de ces discussions, quelle que soit la génération ou le niveau de diplôme des participants, c’est avant tout une profonde méfiance envers les médias d’abord, et les élites politiques ensuite, mêmes dans les groupes plus âgés, dotés traditionnellement d’une identité sociale et partisane beaucoup plus forte. Interrogés sur les différents positionnements des partis aussi bien sur la question européenne que sur les enjeux économiques ou migratoires, nombreux sont ceux qui dénoncent un discours vague, idéaliste ou au contraire clivant et réducteur, visant à manipuler leur audience.

Cependant, les résultats des élections permettent de souligner différents phénomènes dans les différents pays. Au Portugal, le PS se maintient largement par rapport aux élections européennes de 2014, en gagnant presque 2 points (33,4% des voix en 2019). La droite également avec 22% pour le PSD et 6,2% pour le CDS-PP, tous deux partenaires du PPE au Parlement européen. Au contraire, la France se distingue par l’effondrement des partis de gouvernement qui enregistrent des scores historiquement bas (8,5% des voix pour LR, et 6,2% pour le PS-Place Publique).

Les propos recueillis confirment des analyses déjà anciennes sur la perception des élites comme corrompues, éloignées de la réalité et des institutions politiques généralement opaques. Les médias traditionnels sont eux perçus comme sensationnalistes, accentuant à dessein les antagonismes politiques, au mieux occultant les enjeux d’importance, au pire manipulant carrément les perceptions de leurs audiences.

Face à ce rejet des institutions traditionnelles de la démocratie représentative, beaucoup soulignent que ce sont les citoyens eux-mêmes qui doivent s’emparer de ces enjeux et apporter des solutions, particulièrement chez les plus jeunes. Les Gilets jaunes et leur mobilisation sont d’ailleurs cités dans tous les groupes de discussion en France tandis que les Belges évoquent les marches pour le climat. Cette responsabilisation individuelle va d’ailleurs plus loin lorsque les citoyens évoquent à de nombreuse reprises leur capacité d’agir en tant que consommateur, notamment dans le domaine de l’écologie et une responsabilité d’agir au niveau local pour créer du lien et améliorer le vivre-ensemble.

Une campagne loin des vraies affaires… européennes

Lorsqu’on demande aux citoyens de quels enjeux la campagne devrait parler, ils placent l’urgence climatique en premier, qu’il s’agisse de la question environnementale ou de ses répercussions sur les mouvements de population. Au Portugal, les élections européennes de mai 2019 donne au Parti PAN (Pessoas-Animais-Natureza, Personnes, Animaux, Nature), son premier siège de député au Parlement européen avec 5,08% des voix, après qu’il ait fait son entrée à l’Assemblée de la République lors des dernières élections législatives de 2015. Les verts enregistrent également des très bons scores en France avec 13% des voix, se positionnant ainsi comme la première force de gauche.

De manière surprenante, la crise semble loin et les questions de chômage, de la monnaie unique ou de la dette sont peu évoquées. A cet égard, il est notable que le groupe de jeunes belges sans emploi n’aient mentionné ni l’emploi ni le chômage dans les problèmes les plus important auxquels la société est confrontée. En revanche les inégalités, à différentes échelles, reviennent dans toutes les discussions. Beaucoup déplorent par ailleurs que les enjeux proprement européens, tels que la politique fiscale et la politique de défense (au Portugal), le modèle économique de l’Europe (en France et en Belgique), le fonctionnement des institutions européennes ne soient pas traités dans la campagne.

Au final, un constat alarmant pour la démocratie tant nationale qu’européenne

Il ressort de ces instantanés plusieurs choses. D’une part, les élections européennes de 2019, traitées, dans la plupart des pays, comme des élections de second ordre par les partis, à coup de campagnes exclusivement nationales, sont bien perçues comme telles par les citoyennes et les citoyens. Pour beaucoup la polarisation croissante de l’offre politique, associée dans certains cas à une fragmentation partisane, mais aussi la difficulté d’acquérir de l’information ainsi que l’orientation exclusivement nationale des partis justifient leur manque d’intérêt et accentuent leur sentiment d’incompétence politique. D’autre part, médias et partis, jugés également biaisés et manipulateurs, sont renvoyés dos à dos. Il est néanmoins intéressant de noter que certains citoyens sont conscients de cette défiance. Dans plusieurs groupes belges, après avoir été confrontés à des positions de partis et les avoir critiquées, des citoyens ont également admis qu’il était injuste de leur part de critiquer les partis ou les hommes et femmes politiques à la fois pour leur manque d’ambition et pour le caractère utopique des certaines propositions. Similairement, il a été mentionné dans un groupe qu’il pouvait y avoir une forme d’incohérence dans le fait de reprocher aux élus de conflictualiser à l’excès les débats et de manier la langue de bois.

Pour finir, aucun des citoyens, même parmi les mieux informés, ne mentionne les Spitzenkandidaten, c’est-à-dire le ou les candidats que six des principales alliances de partis au niveau européen proposent pour la présidence de la Commission européenne. Cette procédure, établie en 2014, vise à augmenter la légitimité de la Commission européenne et à rendre les élections européennes plus attractives, à la fois pour les partis (qui sont donc en théorie en compétition pour la tête de l’exécutif européen) et pour les électeurs, censés avoir davantage de contrôle démocratique. Que cela ne soit mentionné par aucun des interrogés en dit long sur le peu d’importance accordé à cette procédure dans la campagne. En effet, comment blâmer les citoyens alors que la très grande majorité des partis ne se saisissent pas de l’enjeu, et préfèrent mener leur campagne sur des oppositions binaires sans lien avec l’UE (pour ou contre le gouvernement national, contre l’extrême droite, etc.). Lorsqu’aucun des Spitzenkandidaten n’est de la nationalité du pays (comme c’est le cas en France ou au Portugal), il n’y a même aucune mention des candidats à la présidence de la Commission sur les programmes ou les affiches. Tant que les partis ne seront pas prêts à prendre des risques et à se saisir des questions européennes, il parait illusoire d’attendre des citoyennes et citoyens européens qu’ils et elles se mobilisent et se sentent réellement investis pour ce scrutin.

Notes

[1] Au Royaume-Uni, il s’agissait du Labour (socialistes), des Conservatives et, plus récemment, de l’émergence des Lideral Democrats. En France, il s’agissait du PS, des diverses versions de ce qui est devenu Les Républicains, et de l’émergence plus ancienne du Rassemblement national.

[2] Bien entendu, dans le cas Britannique, des élections nationales sont nécessaires afin de déterminé si cet effet était lié aux élections européennes elle-même ou s’il s’agit effectivement d’une tendance plus profonde.

[3] Il convient de rappeler qu’en Belgique la tenue des élections européennes étaient couplées à celles pour le niveau fédéral ainsi qu’à celle pour les entités fédérées (Régions et Communautés).

[4] D’après les chiffres officiels du Service public fédéral de l’intérieur : https://elections2019.belgium.be/fr/resultats-chiffres?el=EU&id=EUR00000. La différence en termes de sièges s’explique par le fait que les pourcentages sont calculés sur la base nationale qui ne tient pas compte du fait que le nombre de siège à pourvoir dans les circonscriptions est variable. Dès lors des pourcentages similaires au niveau national peuvent néanmoins déboucher sur un nombre de sièges différent.

[5] Ce projet est financé par le RESTEP ainsi que par le Fonds de Recherche Société et Culture du Québec. Les responsables locales pour chaque pays sont Céline Belot (CNRS-Pacte) pour la France, Virginie Van Ingelgom (FNRS – UC Louvain) pour la Belgique, et Marina Costa Lobo (Institut des Sciences Sociales – Université de Lisbonne) pour le Portugal.

[6] Il convient de noter que la campagne belge a en effet été caractérisée par une atmosphère inhabituelle. Nombre de grand partis (socialistes, libéraux, nationalistes Flamands) sortent malmenés de la dernière législature, qu’ils l’aient vécue au pouvoir ou dans l’opposition. Nombreux sont ceux qui ont été touchés par des « affaires » et dont la crédibilité est lourdement entachée, au moins à court-terme. Par ailleurs, la durabilité des mouvements favorables à des politiques environnementales et climatiques plus ambitieuses a favorisé l’essor, dans les sondages, des forces écologistes, ce qui a eu pour effet de renforcer la crispation de ces grands partis et de les inciter à temporiser.

[7] Il est important de souligner que les focus groupes se sont tenus en Wallonie avec des participants exclusivement francophones. Comme le souligne la percée de l’extrême-droite flamande aux élections, le résultat aurait pu être différent si des néerlandophones avaient pris part aux discussions.

Authors

Laurie Beaudonnet, Céline Belot, Hélène Caune, Anne-Marie Houde, Morgan Le Corre Juratic, Damien Pennetreau. RÉSeau Transatlantique sur l’Europe Politique[1] (RESTEP)